Le Japon selon Valérie Harvey

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Valérie Harvey (photo gracieuseté)

J’ai rencontré Valérie Harvey durant l’été 2018 à La Malbaie dans Charlevoix. J’y faisais un stage en journalisme et j’ai eu la chance de couvrir le lancement de son nouveau roman Idole – Anna de Charlevoix. Après avoir échangé quelques mots, j’ai découvert que nous avions une passion commune : le Japon.

Ce pays n’est d’ailleurs plus une surprise pour elle. La sociologue et auteure a déjà publié quatre livres sur le Japon, en plus d’être collaboratrice aux émissions Les éclaireurs et Médium Large sur la chaîne de ICI Radio-Canada Première, où elle intervient fréquemment sur les événements y ayant lieu.

Après plusieurs échanges via Facebook, nous avons décidé de nous rencontrer pour une deuxième fois, mais cette fois-ci, à Kyoto, où elle y reste pendant trois mois pour suivre des cours de japonais, et ainsi consolider la maîtrise de cette langue qu’elle admire tant.

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Au temple Nanzen-ji, où nous étions accompagnées de son fils Léo et de son amie Tania.

Nous nous sommes rencontrées au temple bouddhiste Nanzen-ji. J’en ai d’ailleurs profité pour discuter avec elle de nos expériences au Japon. Dans cette entrevue, elle nous partage sa vision de ce pays qui la fascine tant.

Pourquoi cet intérêt pour le Japon?

Après avoir étudié l’allemand, l’espagnol et l’italien à l’université, je suis tombé sur le japonais. Au début, j’ai été attirée par le son de la langue. Maintenant, ce n’est plus cela qui m’attire, mais plutôt la culture et les gens. Je considère que c’est un pays très attachant. À travers l’apprentissage de la langue, j’ai découvert toute une société qui m’a grandement intéressé.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans la langue japonaise?

Le vocabulaire est complètement différent, ce qui peut être difficile. Il y a aussi les caractères chinois qui sont compliqués, puis les quatre niveaux de politesse et savoir quand les utiliser. Par contre, il y a des facilités qu’on n’a pas en français. Par exemple, la grammaire est beaucoup plus simple en japonais : il n’y a pas de futur et il n’y a qu’un seul passé. Aussi, la prononciation est très simple, puisqu’il n’y a pas de tonalités comme en mandarin.

Selon toi, quelles sont les ressemblances culturelles les plus marquantes entre le Québec et le Japon?

On m’avait averti que les Japonais avaient peur des étrangers, mais ils ont été beaucoup plus accueillants à ce que je m’attendais. Le temps que ça prend pour développer une relation au Japon, je trouve que ça ressemble à chez nous. Même si les Québécois sont très accueillants et chaleureux, ça prend du temps avant qu’on invite quelqu’un chez soi. Je trouve que c’est le même au Japon, mais quand on est amis, on l’est pour vrai. Je trouve aussi qu’au Québec on a tendance à être réservé et à ne pas dire toujours ce que l’on pense. Par exemple, les Québécois ne diront jamais qu’ils n’ont pas aimé la nourriture au restaurant. C’est pareil au Japon. Ils ne le diront pas, mais ils ne reviendront pas!

Selon toi, quelles sont les différences culturelles les plus marquantes entre le Québec et le Japon?

Le plus différent c’est dans la façon de dire les choses. Par exemple, je disais à ma professeure de japonais que je serai à Tokyo au mois de mai et elle m’a répondu qu’elle y sera aussi, mais elle n’a rien dit de plus. Après, je me suis demandé si cela voulait dire qu’elle voulait qu’on se voit à Tokyo. Le lendemain quand j’ai vu ma professeure, je lui ai demandé si elle voulait qu’on se rencontre à Tokyo. Elle était en fin de compte très enthousiaste à l’idée. Donc, c’était une invitation de sa part, mais avec l’espace pour moi de dire « non ». Les Japonais ne vont jamais vous inviter directement, car si elle m’avait demandé directement si je voulais qu’on se voit à Tokyo, cela aurait été impoli de ma part de dire « non », alors j’aurais sûrement dit « oui ». Au début, c’est difficile et ça peut être frustrant, mais on s’adapte et il faut savoir lire entre les lignes et comprendre le non-dit, le tourner-autour-du-pot, etc.

Sinon, il y a aussi le bruit en mangeant. Au Québec, on apprend que c’est impoli. C’est la même chose pour renifler. Ici, on dit aux enfants de ne pas se moucher, parce que ce n’est pas hygiénique.

Quels sont tes futurs projets/défis?

Au printemps prochain, j’ai un roman et une traduction d’une poétesse japonaise pour enfants qui seront publiés. Aussi, en janvier, je recommence à enseigner le japonais dans une école secondaire à Québec. Sinon, je compte continuer à faire de la radio et finir mon doctorat.

Pour en savoir plus sur Valérie, vous pouvez suivre ses aventures au Japon sur son blog, ainsi qu’à la radio de ICI Radio-Canada Première à partir de janvier.

 

 

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Le festival de l’Université de Kyoto en photos!

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Le 21 novembre dernier, l’Université de Kyoto lançait la 60e édition de son November Festival. Sur le coup de 18h, dans le cadre du Festival Eve (la veille du festival), un feu de joie a été allumé sur le terrain de baseball du campus Yoshida.

Étalé sur cinq jours, le festival s’est tenu jusqu’au dimanche 25 novembre. Les cours ont été levés pour toute sa durée, ainsi que pour la journée du lundi 26 novembre, consacrée au nettoyage du campus.

Dans le cadre de cet événement ouvert au grand public, une centaine de kiosques (oui, vous avez bien lu) ont été installés sur le campus, pour servir une grande variété de nourritures et de boissons, tant japonaises qu’internationales. Ces kiosques étaient tenus principalement par les clubs de l’Université de Kyoto, mais également par certains cercles. Ainsi, les étudiants se sont transformés en sympas rabatteurs le temps du festival, tout en arborant fièrement la veste de leur club.

Plusieurs scènes étaient aussi installées partout sur le campus. Pendant cinq jours, c’est sous un horaire chargé que se sont succédées les prestations de cosplay, de musique (jazz, beatbox, J-pop), de danse (modernes et traditionnelles) et autres.

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Le Club des Bons Samaritains a choisi de vendre des gyozas (dumplings japonais).

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Le reconnaissez-vous?

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Trouvez l’instrus(e)!
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Cocktail composé de glace sèche!

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Kiosque du Cercle des étudiants Taïwanais de Kyoto
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On y sert un plat typique de Taiwan, le lu rule fen, composé de porc braisé, d’oeufs et de riz.

Quand l’Université de médecine de Tokyo discrimine délibérément les filles

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Crédit photo : Japan Times

Pour cet article, j’ai décidé de vous parler du scandale de l’Université de médecine de Tokyo, qui a déclenché un tollé au Japon. La première fois que j’ai entendu parler de cette histoire, je ne pouvais pas y croire. Pour moi, c’était inimaginable qu’une institution académique puisse avoir recours à ce genre de manigance afin de discriminer délibérément les femmes dans son processus d’admission, notamment dans un pays démocratique et ultra-moderne comme le Japon.

Je vous raconte.

En août dernier, une enquête a révélé que l’université manipulait les résultats d’examens d’entrée afin de favoriser les candidatures des étudiants masculins. En bref, les dirigeants de l’université avaient décidé de limiter le nombre d’étudiantEs admises à 30%. Ainsi, le système de calcul des points désavantageait automatiquement les femmes. Ce système accordait des points additionnels à tous les candidats masculins, même à ceux ayant échoué l’examen d’entrée à trois reprises. Quant aux femmes et aux autres candidats ayant échoué l’examen à quatre reprises, ils ne se faisaient octroyer aucun points supplémentaires.

La raison de cette fraude est simple : la majorité des femmes arrêtent de travailler après le mariage ou après avoir donné naissance. En effet, ceci est une habitude courante au pays du soleil levant. En 2013, ce fût d’ailleurs le cas de 64% d’entre elles.

Sur la toile, ce scandale a créé une vague de contestations. À l’aide du hashtag #私たちは女性差別に怒っていい (« Nous pouvons nous mettre en colère contre la discrimination envers les femmes »), plusieurs femmes ont utilisé les réseaux sociaux pour dénoncer la discrimination qu’elles subissent, notamment dans le milieu de travail. Les youtubeurs Rachel & Jun ont d’ailleurs traduit en anglais plusieurs de ces plaidoyers dans lesquels les japonaises y déplorent le sexisme systémique.

Toutefois, ce scandale n’a pas été dénoncé unanimement par la population. Certains ont même fait l’apologie des méthodes de l’université. Ce fut le cas du mangaka conservateur Yoshinori Kobayashi, notamment connu pour ses idées révisionnistes. Dans une bande dessinée dédiée au sujet publiée dans le magazine SPA !, il y argumente que les choix de spécialisation des femmes médecins ne concordent pas avec les besoins médicaux de la population. C’est-à-dire si l’on acceptait plus de femmes en médecine, celles-ci se dirigeraient vers la dermatologie ou l’ophtalmologie, ce qui ferait en sorte qu’il y aurait une pénurie de chirurgiens. Il termine son raisonnement en disant que « la vie humaine passe en premier, et l’égalité des sexes en deuxième ».

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Dans une société japonaise où les forces conservatrices et progressistes cohabitent difficilement, ce scandale est pourtant contraire aux womenomics prônés par le Premier ministre Shinzo Abe. Les politiques de son gouvernement conservateur mettent les femmes au premier plan de la relance économique du pays. D’ailleurs, dès son entrée au pouvoir en 2012, Abe a privilégié une mobilisation des femmes sur le marché du travail avec des mesures visant à augmenter le nombre de femmes dans des postes de direction, encourager les hommes à prendre des congés de paternité, offrir une meilleure accessibilité aux services de garde et augmenter les prestations de garde d’enfants.

Depuis, l’Université de médecine de Tokyo s’est excusée et essaie tant bien que mal de réparer les pots cassés. Le 7 novembre dernier, l’université a annoncé qu’elle accepterait l’admission des candidates rejetées en 2017 et en 2018. Au total, ce sont 101 étudiantes qui pourront assister aux cours dès le début de la prochaine année scolaire. Toutefois, 24 étudiantes lésées ont entrepris une poursuite en justice pour obtenir réparation. Celles-ci réclament 7,69 millions de yen (89 000$CAN) en dommages et intérêts.

Notons également qu’une enquête du ministère de l’Éducation a été déployée afin de déterminer si d’autres écoles de médecine aurait eu recours à des manœuvres similaires. Dans une entrevue accordée à France24, le responsable de l’enquête, Jin Tsukada, croit que ce pourrait être le cas : “All the other medical schools say they don’t cheat, but in most of these universities, when we compare the results, male candidates have much better results than the female candidates”.

Cette fraude majeure illustre bien les nombreux enjeux auxquels fait face le Japon. Si ce scandale y expose brutalement les difficultés en matière d’égalité des sexes, il effleure également les enjeux qui concernent la pénurie du personnel médical et le vieillissement de la population.

Si aucun pays n’est à l’abri du sexisme, il faut cependant admettre que le Japon fait piètre figure en matière d’égalité homme-femme comparé aux autres pays industrialisés. Selon un rapport du Forum économique mondial publié en 2017, le Japon se situait au 114e rang sur 144 pays en ce qui concerne l’égalité des sexes. Dans ce pays où les mentalités sont majoritairement conservatrices, tout porte à croire que c’est malheureusement à coup de scandales similaires exposant les inégalités, qu’on pourra accorder aux femmes une place davantage prépondérante dans la société.

La mentalité des « clubs » dans les universités japonaises

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Lorsque j’étudiais à Montréal, je me souviens qu’une étudiante japonaise en échange m’a demandé si elle pouvait rejoindre un club à l’université. Je l’ai aussitôt dirigée vers l’association étudiante…

Hélas, je n’avais pas du tout compris sa question. Aujourd’hui, je lui dirais que cette mentalité des clubs n’est malheureusement pas ancrée dans la mentalité universitaire québécoise.

Et ces fameux clubs, que sont-ils ?

On pourrait les comparer aux activités extracurriculaires par chez nous. Toutefois, la différence au Japon, c’est que ces activités se déroulent au sein de l’Université même, et qu’elles sont composées uniquement d’étudiants dudit établissement. Si vous vous intéressez à la culture populaire japonaise, vous avez probablement déjà entendu parler de ce concept de clubs universitaires, qui sont souvent dépeints de manière méliorative (et stéréotypée) dans les mangas et les animes. 

Notons qu’il existe une nette différence entre un club (kulabu) et un cercle (saakuru). À l’Université de Kyoto, les clubs sont exclusivement sportifs et représentent l’Université dans les compétitions inter-universitaires. Le niveau d’implication y est d’ailleurs beaucoup plus soutenu. Au total, 54 clubs sont reconnus par l’Université de Kyoto, tels que les clubs de basketball, de judo, de gymnastique et de golf. D’ailleurs, le Boat Club a remporté plusieurs fois le championnat national, tandis que l’American Football Club a remporté à quatre reprises le titre d’équipe amateur numéro un au Japon.

Quant aux cercles, ceux-ci sont beaucoup plus variés et casual. Ils rejoignent toutes sortes d’étudiants, qu’ils soient sportifs, intellectuels, artistiques ou religieux. Au total, on en dénombre 132 officiels, toutes catégories confondues. Par exemple, on retrouve des cercles de guitare, de street dance, d’histoire, de biologie, d’environnement, de magie, de photographie et plusieurs autres. Tout aussi variés les uns des autres. Parmi les plus insolites, comptons le cercle de boomerang, celui d’étude de l’espéranto et celui d’étude des champignons… Alors, quand je vous disais que c’était varié !

Certains se consacrent aux traditions japonaises, tels que le cercle de Noh (théâtre japonais), le cercle d’ikebana (arrangement floral) et celui de calligraphie japonaise. D’ailleurs, mon ami Gorka, étudiant espagnol en échange, a décidé de rejoindre le cercle de karuta, un jeu de cartes traditionnel japonais qui mêle poésie et mémorisation.

Et à quoi servent-ils ?

Au sein des universités japonaises, rejoindre un club ou un cercle est quasi-mandataire pour les nouveaux étudiants. Appartenir à l’un deux, c’est une certaine manière d’appartenir à une communauté, pratiquer un hobby qui nous passionne et tisser des liens avec d’autres étudiants ayant les mêmes intérêts que nous. Bref, vous voyez le principe.

Mon ami Tomoshige, étudiant de troisième année en médecine, fait partie du club de tennis de sa faculté. Tout en poursuivant un hobby qu’il pratique depuis l’école secondaire, cela lui permet aussi de côtoyer des personnes de tous les horizons et de toutes les personnalités, ce qu’il considère comme un beau défi.

Sur son site internet, l’Université de Kyoto affirme que les clubs contribuent directement au développement personnel de ses étudiants. De plus, dans une formulation rigolote, l’Université prie implicitement ses étudiants de ne pas troquer leurs activités de clubs au détriment de leurs études :

« Through participating in an organization fitting their individual personalities and conditions, students can enjoy their campus life with greater happiness and fun in a limited period of time. »

Malgré cet avertissement un brin paternaliste, l’existence en soi de divers clubs a pour effet de rendre le campus « vivant ». Il n’est donc pas rare d’y voir des étudiants jouer à la corde à danser, chanter a cappella, danser, ou même pratiquer au sein d’un orchestre symphonique. Même la fin de semaine, le campus reste particulièrement animé grâce à la présence de ces cercles qui se réunissent n’importe quel jour de la semaine. Avec une Université qui demeure conciliante, cette mentalité des clubs permet aux étudiants de s’approprier le campus, laissant ainsi régner une ambiance et une dynamique réjouissantes.

L’affaire du dortoir Yoshida : les étudiants n’ont pas dit leur dernier mot

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Crédit photo : Japan Times

Depuis quelques jours, me demandais quel serait le sujet de mon premier article. Je pensais certainement que j’écrirais un article sommaire sur l’Université de Kyoto : sa réputation, ses étudiants célèbres, ses nombreuses chaires de recherche et son processus d’internationalisation au fil des ans.

Cependant, durant mes premiers jours à l’Université de Kyoto, j’ai pris conscience d’un sujet qui m’a plongé tête première dans la vie étudiante de ce grand établissement académique : l’affaire du dortoir universitaire Yoshida (ou Yoshida-Ryo) qui oppose ses résidents à l’Université.

Je vous explique.

Le 19 décembre 2017, l’Université de Kyoto a annoncé que tous les résidents de Yoshida-Ryo devront quitter les lieux d’ici la fin septembre 2018. Toutefois, ce n’est pas la première fois que l’Université fait une telle annonce.

En 1982, citant la dangerosité du bâtiment, les autorités avaient déjà ordonné aux étudiants de quitter les lieux… ce qui n’avait pas été fait. Depuis, des pourparlers ont eu lieu entre les deux parties, mais la rénovation du bâtiment n’a jamais été effectuée. Seulement en 2015, une nouvelle section du dortoir fût construite, tandis que l’ancienne section gardait ses équipements désuets.

Du côté des étudiants, on attribue la faute à l’Université, qui n’aurait pas tenu ses promesses de rénover le dortoir. Ceux-ci s’opposent également à la démolition de Yoshida-Ryo, car ils désirent conserver l’autogouvernance de leur dortoir. C’est-à-dire que depuis sa création, en 1913, ce sont les étudiants qui décident de son organisation et qui reçoivent les applications des nouveaux résidents.

Dans un pamphlet intitulé « Save Yoshida Dormitory », les résidents y font l’éloge de l’ambiance estudiantine inclusive et éclectique : « If Yoshida Dormitory disappears, its unique culture and socially progressive atmosphere will be lost forever. »

De plus, ils affirment que Yoshida-Ryo est économiquement accessible aux étudiants à faible revenu. Par exemple, le loyer mensuel coûte 2 500 yens par mois (environ 30$CAN par mois), qui inclut l’électricité, le gas et l’eau. Toutefois, la vétusté des lieux et la densité élevée de chambreurs dans le dortoir illustre le prix dérisoire. Selon l’Université, Yoshida-Ryo aurait atteint sa capacité maximale d’accueil. En novembre 2017, on dénombrait 272 résidents. Pourtant, le dortoir ne peut en accueillir que 241, toujours selon les autorités.

Dans un communiqué publié sur son site web, l’Université préconise la démolition pour des raisons de sécurité. « The old Yoshida-Ryo building was built over 100 years ago. It has extremely poor earthquake resistance and may be seriously damaged or collapse if a large earthquake occurs », peut-on y lire.

Même s’il perdure depuis des décennies, le conflit ne semble pas s’essouffler. Les deux parties semblent faire la sourde oreille. Si la stratégie des autorités reste inconnue, on sait que les étudiants ne sont pas prêts à abandonner la bataille. Si ceux-ci accepteraient volontiers de rénover le dortoir, ils rejettent d’emblée sa démolition, car pour eux, le Yoshida-Ryo est un symbole d’autogouvernance estudiantine unique. De plus, ils ont entrepris plusieurs actions afin d’empêcher le pire : une pétition circule afin de sauver le dortoir de la démolition, des dons sont recueillis pour rénover la bâtisse et des pamphlets sont distribués afin de sensibiliser la population à la cause. Jusqu’à maintenant, leurs efforts ne semblent pas vains, puisqu’en date du 1er octobre, Yoshida-Ryo demeurait intacte.

 

L’aventure nippone commence… maintenant!

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Le 23 septembre en soirée, j’arrive enfin au Japon. C’est avec plus d’une heure d’attente à la douane que j’obtiens finalement ma carte de résidence. Malgré mon émerveillement devant l’ambiance lumineuse qui règne dans la deuxième plus grande ville du pays, Osaka, la fatigue finit par me rattraper.

Cela fait déjà plusieurs mois que j’attends impatiemment que cette expérience se concrétise. Pendant un an, j’étudierai à la prestigieuse Université de Kyoto, l’une des neuf universités impériales construites durant l’ère Meiji. Cette décision vient de mon vif intérêt envers le peuple nippon.

Dans ce blog, je tenterai de comprendre le Japon. Tâche ardue, mais pas impossible. Durant la prochaine année, je ferai de mon mieux pour vous expliquer quelques aspects de la société nippone qui piquent ma curiosité.

À bientôt, je l’espère ! 😊